Et si la fabrication des engrais pouvait s’affranchir des énergies fossiles ? C’est l’ambition de la start-up française Synanthra, qui développe une technologie bioélectrochimique pour produire des engrais azotés localement.
Indispensable à la croissance des plantes, l’azote est présent en abondance dans l’atmosphère. Mais les cultures ne peuvent pas l'assimiler directement sous cette forme. D'où l'utilisation par l’agriculture d'engrais azotés, dont la fabrication dépend encore largement du gaz fossile.
La start-up française Synanthra explore une autre voie. La technologie qu'elle développe utilise des bactéries modifiées et de l’électricité renouvelable pour fixer l’azote de l’air, grâce à un procédé bioélectrochimique fonctionnant à température ambiante.
L’objectif est de permettre, à terme, une production locale d’engrais, à proximité des exploitations agricoles, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles et aux importations.
Validé en laboratoire, le procédé doit toutefois encore démontrer sa capacité à fonctionner à plus grande échelle.
Une réponse partielle à l’impact climatique des engrais
Décarboner leur fabrication ne supprimerait pas l’ensemble des émissions associées aux engrais. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 60 à 70 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux engrais surviennent lors de leur utilisation, notamment sous forme de protoxyde d’azote, un puissant gaz à effet de serre.
Récemment intégrée à la cohorte Climate & Biodiversity de l’accélérateur 21st by CentraleSupélec et AgroParisTech, Synanthra entend désormais poursuivre le développement de sa technologie.