Labels ISR, Greenfin ou Finansol : les fonds s’engagent sur des objectifs d’investissement responsable
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Au-delà de leurs appellations, les fonds qui prennent en compte dans leur stratégie d’investissement des objectifs de durabilité peuvent être distingués par des labels. Très utiles pour les épargnants, ces labels sont le gage du respect de certains principes, tels que l’exclusion d’entreprises dont les activités sont particulièrement néfastes pour l’environnement.
En France, les fonds ont principalement recours à trois labels : le label ISR, qui couvre les enjeux ESG, soit les enjeux environnementaux, mais aussi sociaux et de gouvernance des entreprises, le label Greenfin, qui se focalise sur les questions environnementales, et le label Finansol, propre à la finance solidaire. À ces labels s’ajoute un règlement européen (SFDR) qui catégorise les fonds.
Label ISR
Le label ISR distingue les fonds qui appliquent dans leur gestion des principes d’investissement socialement responsable rigoureux. Créé par le ministère de l’Économie en 2016, il s’agit du label de référence en France. Au fil des années ces exigences se sont accrues et une nouvelle version est ainsi entrée en vigueur en 2025. Aujourd’hui, plus de 1 000 fonds en bénéficient. Pour obtenir le Label ISR, les fonds doivent démontrer que les entreprises dans lesquelles ils investissent ont des bonnes pratiques dans quatre domaines :
- L’environnement (empreinte carbone, émissions de gaz à effet de serre, consommation d’électricité, gestion de l’eau et des déchets, etc.) ;
- Le social (formation des salariés, égalité salariale hommes-femmes, place des femmes dans la gestion de l’entreprise, emploi des personnes handicapées, etc.) ;
- La gouvernance (transparence sur la rémunération des dirigeants, place des femmes au conseil d’administration, lutte contre la corruption, etc.) ;
- Le respect des droits humains (lutte contre la pauvreté, par exemple).
Précisément, ces fonds doivent démontrer qu’ils sont meilleurs que leur indice de référence ou leur univers d’investissement sur au moins deux de ces domaines.
Dans la dernière version du label ISR, le taux de sélectivité des fonds a été relevé : ils doivent désormais écarter de leur univers d’investissement les 30 % d’entreprises les moins bien notées sur des critères ESG.
En outre, doivent être exclues les entreprises dont les activités sont liées à l’exploitation d’énergies fossiles non-conventionnelles ou au lancement de nouveaux projets d’exploration, d’exploitation et de raffinage d’énergies fossiles (conventionnelles et non-conventionnelles). Toutes les activités liées aux énergies fossiles ne sont donc pas exclues : une entreprise impliquée dans les énergies fossiles conventionnelles, mais sans nouveau projet et qui présente une démarche de réduction de cette activité cohérente avec l’Accord de Paris peut être conservée.
Le label ISR est attribué, après analyse d’un dossier de candidature, par un organisme de certification indépendant, qui vérifiera ensuite le bon respect des engagements pris.
Label Greenfin
Le label Greenfin a été créé par le ministère de la Transition écologique à l’occasion de la COP21 à Paris, fin 2015. Il a pour objectif de distinguer les fonds les plus engagés dans la transition environnementale. Ils doivent en particulier exclure les entreprises qui opèrent dans l’univers des énergies fossiles.
Le référentiel du label Greenfin a listé huit domaines d’activités, qui entrent dans le champ de la transition énergétique et écologique et de la lutte contre le changement climatique. Les fonds doivent être majoritairement investis dans ces domaines d’activités :
- Énergie
- Bâtiment
- Gestion des déchets et contrôle de la pollution
- Industrie
- Transport propre
- Technologies de l’information et de la communication
- Agriculture et forêt
- Adaptation au changement climatique
Détenir le label Greenfin impose aussi pour le gérant du fonds de mesurer la contribution effective de ses investissements à la transition énergétique et écologique, dans au moins l’un des quatre domaines suivants :
- Changement climatique
- Eau
- Ressources naturelles
- Biodiversité
Il doit ainsi fournir des informations sur l’organisation mise en œuvre, notamment les moyens humains, la méthode d’évaluation de son impact et les indicateurs d’impact retenus.
Enfin, ces fonds doivent assurer une veille active des controverses sur les enjeux ESG, décrire leur processus de veille et de gestion de ces controverses ESG et les moyens mobilisés.
Label Finansol
Créé en 1997, le label Finansol vise à promouvoir les fonds d’épargne solidaire, qui investissent dans des entreprises sociales non cotées en bourse.L’épargnant a ainsi l’assurance que les fonds collectés servent au financement d’activités à forte utilité sociale et environnementale, celles des acteurs de l’économie sociale et solidaire.
En pratique, il existe deux types de produits détenant le label Finansol : ils doivent ainsi financer des activités à impact social ou permettre de partager au moins 25 % des intérêts sous forme de don.
Ces fonds ont aussi un engagement de transparence : l’épargnant doit être clairement informé sur l’utilisation de son épargne, le rendement, et les risques.
Les produits d'épargne solidaires labellisés Finansol permettent :
- de soutenir l'emploi, à travers par exemple des projets à impact social visant à favoriser le retour à l'emploi de personnes en difficulté ;
- de lutter contre le mal-logement, en accueillant des personnes en difficulté dans des habitats décents ;
- d'aider à la transition écologique, à travers des activités écologiques (agriculture biologique et énergies renouvelables) ;
- de financer la solidarité internationale, à travers des services essentiels apportés par des institutions de microfinance, coopératives agricoles, entreprises sociales.
Plus de 180 produits sont aujourd’hui labellisés Finansol.
SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation)
Le règlement européen SFDR, entré en application le 10 mars 2021, ne représente pas à proprement parler un label. Il a cependant créé une catégorisation des fonds en fonction du degré de leur engagement sur les enjeux ESG. Les fonds sont ainsi classés au regard des dispositions des articles 6, 8 et 9 du règlement SFDR : fonds article 8, fonds article 9 ou fonds article 6.
L’article 9 est le plus exigeant. Les fonds entrant dans cette catégorie affichent un objectif d’investissement durable : ils n’investissent que dans des activités économiques contribuant à un objectif environnemental ou social. Les gérants de ces fonds indiquent quels sont leurs objectifs, comment ils parviendront à les atteindre et ils doivent évaluer les résultats obtenus : ils publient ainsi, chaque année, des indicateurs extra-financiers permettant de mesurer leur évolution par rapport à leur univers d’investissement.
Les fonds article 8 doivent pour leur part intégrer des caractéristiques environnementales ou sociales dans leur politique d’investissement, sans pour autant poursuivre strictement un objectif d’investissement durable spécifique.
Les fonds article 6 sont tout simplement l’ensemble des autres fonds. Ils n'ont pas d'objectif d'investissement durable et ne déclarent pas prendre en compte les critères ESG.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) précise que la classification est déterminée par les sociétés de gestion elles-mêmes, qui gèrent les placements concernés. L’AMF veille à leur respect de la réglementation.
À noter qu’une mise à jour de ce règlement SFDR est en cours et sa nouvelle version devrait entraîner une nouvelle catégorisation.
