Comment parler d’épargne et de climat sans se limiter aux cadres techniques et aux discours anxiogènes ? Dans un épisode du Podcast 2030 - Investir Demain, Guillaume Lasserre (LBP AM) et Marc Obéron (Cinema for Change) interrogent le rôle des récits et de l’imaginaire pour renouveler l’engagement autour de l’épargne climatique.
Parler d’épargne quand il est question de climat reste un exercice complexe. Les outils financiers sont là, les cadres aussi, mais l’adhésion ne va pas toujours de soi.
C’est précisément ce décalage entre les dispositifs existants et leur appropriation par le public qui a nourri les échanges du Podcast 2030 - Investir Demain. Dans cet épisode, Guillaume Lasserre, Directeur de la Gestion et membre du Comité Exécutif de LBP AM, et Marc Obéron, fondateur du festival international Cinema for Change, interrogent le rôle que peuvent jouer les récits et l’imaginaire pour renouveler le regard porté sur l’épargne et le climat.
Cette discussion s’inscrit dans le cadre de la première édition du Think Tank “2030, Investir Demain”, lancé à la rentrée 2024 par les médias ID, L’Info Durable et L’Agefi. Le dispositif s’est structuré autour de six groupes de travail thématiques visant à nourrir les débats et à fédérer les acteurs financiers autour des grands enjeux de la finance durable.
Le podcast accompagne ces travaux, chaque épisode étant consacré à l’un de ces groupes. Celui-ci s’intéresse à la manière dont l’épargne peut devenir un levier d’engagement climatique, à travers le groupe "Ma trajectoire Climat boostée par mon épargne", cofondé par LBP AM.
Quand l’épargne rencontre le cinéma engagé
Le projet Cinema for Change s’inscrit dans cette dynamique, en résonance avec la manière dont LBP AM conçoit l’investissement responsable, en intégrant les dimensions sociale et environnementale au même niveau que la dimension financière.
À travers le cinéma, l’initiative aborde les Objectifs de Développement Durable définis par l’Organisation des Nations unies, en misant sur l’émotion et le récit pour toucher un public plus large. Et l’expérience ne s’arrête pas aux projections. Elle se prolonge par des rencontres avec des experts, en particulier dans des cadres professionnels, afin de rendre ces enjeux plus concrets et plus accessibles. "En entreprise, nous optons pour des formats courts, qui s’appuient sur l’émotion des films pour sensibiliser et favoriser les échanges", explique Marc Obéron.
À un moment, il s’agit surtout de faire un choix. Celui d’entrer dans un imaginaire dans lequel on a envie de se projeter, de comprendre son environnement et de se dire que l’on peut être acteur du changement. Pour cela, le cinéma, et plus largement la culture, sont de formidables portes d’entrée.
Le récit comme levier de mobilisation
Dans ce contexte, Guillaume Lasserre voit dans le recours au récit un levier efficace pour mobiliser autour de grands sujets de société, en particulier face aux enjeux climatiques. L’épargne, souvent perçue comme abstraite, peut alors devenir un outil plus concret de transition.
"Lors de ce festival, j’ai été surpris de voir à quel point les conditions mises en place par Marc pouvaient offrir un regard nouveau sur l’environnement, même pour quelqu’un déjà familier du sujet. Son approche, qui passe par le récit et l’imaginaire, m’a particulièrement intéressé", souligne-t-il.
Sortir du discours anxiogène
L’échange ouvre alors sur une réflexion plus large, moins centrée sur les outils que sur les représentations mobilisées pour se projeter dans l’avenir. "L’imaginaire, c’est ce que chacun veut en faire. Si plusieurs personnes autour d’une table s’interrogent sur la manière dont elles voient le futur, il y a de grandes chances que les discussions deviennent anxiogènes, en se disant qu’on va droit au mur", observe Marc Obéron.
Derrière ce constat revient une même question. Quels récits choisit-on de mettre en avant collectivement, et quelle place laisse-t-on à d’autres manières de se projeter dans l’avenir, dans des débats souvent dominés par l’urgence et les chiffres. "À un moment, il s’agit surtout de faire un choix. Celui d’entrer dans un imaginaire dans lequel on a envie de se projeter, de comprendre son environnement et de se dire que l’on peut être acteur du changement. Pour cela, le cinéma, et plus largement la culture, sont de formidables portes d’entrée", poursuit-il.
