Quelles sont les différentes approches de l’investissement responsable ?
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Les fonds d’investissement responsables intègrent les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs stratégies d’investissement. Mais leurs déclinaisons sont multiples et parfois difficiles à comprendre pour les épargnants. Tour d’horizon des principales approches.
Faire rimer investissement avec responsabilité, c’est possible. Depuis une dizaine d’années, les critères ESG – environnementaux, sociaux et de gouvernance –se sont imposés dans le paysage financier. Leur objectif, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF) : "évaluer la prise en compte du développement durable et des enjeux de long terme dans la stratégie des acteurs économiques".
Les critères environnementaux regroupent des indicateurs tels que les émissions de gaz à effet de serre, la gestion de l’eau, ou la protection de la biodiversité. Les critères sociaux concernent la politique sociale de l’entreprise : les conditions de travail, la création d'emplois, ou le dialogue social. Quant à la gouvernance, elle évalue des critères tels que l’indépendance et la parité du conseil d’administration, la transparence, ou la lutte contre la corruption.
L’une des finalités des fonds responsables consiste ainsi à réorienter les capitaux vers des modèles économiques plus durables tout en prenant mieux en compte les risques liés au changement climatique ou aux inégalités sociales. Au-delà de la logique purement financière de l’investissement, ils permettent d'avoir un impact positif sur l'environnement et la société.
Mais la dénomination "responsable" regroupe plusieurs approches.
Les fonds d’exclusion : éliminer les activités controversées
Les fonds dits d’exclusion écartent certains secteurs jugés néfastes pour la société ou pour la planète : charbon, tabac, armement, jeux d’argent, OGM... L’objectif est d’éviter que l’épargne finance directement des activités incompatibles avec les objectifs climatiques ou les droits humains. Cette approche peut cependant varier selon les acteurs : certains appliquent une exclusion sectorielle stricte, d’autres fixent des seuils de tolérance : par exemple, une exclusion au-delà d'un certain pourcentage du chiffre d’affaires lié aux énergies fossiles.
Les fonds "best-in-class" et "best-in-universe" : valoriser les bons élèves
Les fonds "best-in-class" sélectionnent, au sein de chaque secteur d’activité, les entreprises les mieux notées selon les critères ESG. Une compagnie pétrolière qui investit massivement dans les énergies renouvelables pourra ainsi être retenue, si sa stratégie de transition est crédible. Cette approche permet d’impliquer tous les secteurs, même les plus émetteurs, dans une dynamique de transformation.
À l'inverse, la stratégie "best-in-universe" ne raisonne pas par secteur : elle retient les entreprises les mieux notées tous secteurs confondus. Elle favorise donc les acteurs les plus vertueux, mais peut offrir des portefeuilles moins diversifiés.
Les fonds thématiques : investir pour transformer
Les fonds thématiques ne cherchent pas seulement à éviter ou limiter les dommages, ils ont pour objectif de générer un impact positif mesurable sur la société ou l’environnement.
Ils investissent dans des entreprises qui apportent des solutions concrètes à des sujets tels que la transition énergétique, la mobilité durable, l’économie circulaire, l’inclusion sociale, ou encore la préservation de la biodiversité.
Des labels pour mieux s’y retrouver
Face à la diversité des approches, les labels peuvent servir de repères pour les épargnants. Le plus répandu, le label ISR, a été créé par le ministère de l’Economie et des Finances et distingue les fonds intégrant des critères ESG dans leur sélection et leur gestion.
Le label Greenfin, créé par le ministère de la Transition écologique, se focalise uniquement sur les critères environnementaux. Le label Finansol, créé par l’association FAIR (ex-Finansol) garantit, quant à lui, la dimension sociale et solidaire des placements.
Renforcer la confiance des épargnants
Après un essor important de l’offre, les fonds responsables dépendent désormais de plus en plus de la demande et de la confiance des épargnants.
Selon la dernière édition de l’enquête bisannuelle de l’AMF sur les placements responsables, 76 % des Français estiment que “l’impact environnemental des placements responsables est un sujet important”. Mais beaucoup peinent encore à comprendre ce que recouvrent réellement les fonds responsables et 59 % des sondés ont des doutes quant à leur réelle durabilité.
Pour tenter d’y remédier, les sociétés de gestion – et les autorités publiques – cherchent à accroître la transparence et à rendre visibles les résultats concrets. L’objectif : renforcer la confiance des épargnants, moteur essentiel d’une finance durable au service de la transition écologique et sociale.
