Le Livret A est le placement préféré des Français. Simple, sans risque et disponible à tout moment, il est détenu par plus de 55 millions de personnes. Mais une question revient souvent : que devient réellement l’argent déposé sur un Livret A ? Contrairement à une idée reçue, cet argent ne dort pas. Il est utilisé pour financer une partie de l’économie française, selon des règles fixées par l’État.
L’essentiel à retenir dès le départ
Lorsque vous déposez de l’argent sur un Livret A, il n’est pas stocké dans un coffre. Il est redistribué pour financer des projets précis et vous ne choisissez pas directement ce qu’il finance.
Une épargne répartie en deux grandes destinations
L’argent du Livret A est réparti de la façon suivante : environ 60 % est centralisé par un organisme public et environ 40 % reste dans les banques qui distribuent le Livret A. Ces deux parts n’ont pas les mêmes usages ni le même impact.
Environ 60 % de l’argent finance des projets d’intérêt général
La majorité de l’épargne du Livret A est centralisée par la Caisse des Dépôts, un organisme public. Cet argent sert principalement à financer le logement social, à soutenir la rénovation énergétique des bâtiments et à prêter aux collectivités locales, comme les écoles, les hôpitaux, les transports ou les équipements publics.
Ces financements jouent un rôle important dans la cohésion sociale et, de plus en plus, dans la transition écologique. Le secteur du bâtiment est l’un des plus émetteurs de gaz à effet de serre et l’amélioration de la performance énergétique des logements constitue un levier majeur de réduction des émissions.
Il s’agit de la partie la plus encadrée et la plus utile socialement du Livret A.
Environ 40 % de l’argent reste dans les banques
Le reste de l’épargne n’est pas centralisé. Il reste dans les banques qui proposent le Livret A. Ces fonds peuvent servir à accorder des crédits aux entreprises, à financer l’activité économique courante ou à soutenir différents projets, selon la stratégie de chaque établissement bancaire.
Ces financements ne sont pas fléchés exclusivement vers des projets favorables au climat. Une partie peut soutenir des secteurs dont l’impact environnemental est limité, voire négatif. Pour l’épargnant, cette part reste peu transparente et il est difficile de savoir précisément ce que finance son argent.
Le Livret A est-il bon pour le climat ?
La réponse est nuancée. Le Livret A contribue au financement du logement social et des infrastructures publiques, dans un cadre public relativement protecteur. Mais une partie de l’argent finance des activités sans critère climatique clair. L’épargnant n’a aucun pouvoir de choix et l’impact climatique reste indirect et partiel.
Le Livret A n’est donc ni un produit vert, ni un outil spécifiquement dédié au climat. Il contribue à des projets utiles, mais il ne permet pas à lui seul d’orienter son épargne vers la transition écologique.
Faut-il pour autant s’en passer ?
Non. Le Livret A reste une épargne de précaution essentielle, un placement sans risque et une réserve d’argent disponible à tout moment. Pour celles et ceux qui souhaitent donner plus de sens à leur épargne, il peut toutefois être complété par d’autres solutions plus directement orientées vers la transition climatique.
Ce qu’il faut retenir
L’argent placé sur un Livret A ne dort pas. Il finance en partie des projets utiles à la société, mais l’épargnant n’a pas la main sur son impact climatique. Comprendre où va son argent est souvent la première étape pour agir.
